(billet rapatrié, daté du 18 avril 2006)
Encore un sans faute pour le Centre George Pompidou, me disais-je. Au moins un endroit à Paris où je suis sûre de visiter des expos riches et bien pensées ! Cette fois-ci, projet ambitieux : "LOS ANGELES - 1955-1985, naissance d'une capitale artistique" ou 30 années de créations pluridisciplinaires bousculées par les vagues de l'histoire (beat generation, émergence de la surf-attitude, émeutes dans les quartiers noirs, hippies et guerre du Viet-Nam, revendications identitaires des mexicains,… ) s'exprimant notamment au travers de la peinture (pop art, minimalisme…) et du cinéma (expérimental, Disney et Hollywood, sans oublier Blade Runner !).
J'espèrai qu'une place sera faite à Los Chicanos… J'avais vu cette superbe expo, "Le Démon des Anges" (en 89 à l'ELAC) et je crois que jamais une expo ne m'a autant frappée et émue (exept Pierre et Gilles of course).
L.A. city of angels… ça me rappelle The Crow et sa BO d'enfer !
Ouep, je jubilais d'avance !
Mais...
GRrrr… dommage que je ne sois pas scénographe ! Cette expo méritait une présentation à la hauteur de son sujet !
Superbe idée que de présenter le foisonnement des courants artistiques qui ont traversé Los Angeles en 30 ans, mais sans explication qui nous replace dans le contexte de l'époque, on perd une grosse partie de l'impact des œuvres. Certaines pièces, dont la réalisation était justifiée par les matières, les couleurs, les textures, les formes hyper novatrices pour l'époque, peuvent laisser le visiteur lambda perplexe, ne comprenant pas où se trouve l'innovation et la création artistique dans des objets semblant sortir de chez Habitat !
Et pour les amateurs d'art contemporain, l'expo ne nous apprend pas grand chose puisque l'art d'aujourd'hui recycle indéfiniment les concepts initiés depuis ces décennies. Du coup, ce qui était à découvrir laisse une impression de déjà -vu !
Et pourtant il y avait là matière à faire une expo du tonnerre, si quelques efforts avaient été fait sur la présentation : une scénographie nous plongeant dans la ville avec des photos grand format de rues, quelques éléments de décor et des panneaux explicatifs sans être rébarbatifs, auraient été les bienvenus.
Je m'attendais à de la fantaisie et des couleurs… snif ! un petit peu déçue, surtout pour los Chicanos, dont la spécificité était de créer des œuvres picturales et sculpturales baroques et bariolées et qui sont ici représentés par une (toute pitite) série de photographies… pas du tout représentative pour le coup !!!
On hallucinera kan même devant les performances masochistes de Chris Burden (même les Jackass c'est du réchauffé !), on se prendra de sympathie pour "Blinky le poulet" de Jeffrey Vallance, on jubilera devant les aventures des "100 boots" d'Eleanor Antin ou on se poilera de rire devant Baldessari tentant d'apprendre l'alphabet à une plante verte !
Car l'art c'est avant tout une question d'émotions !